René Mächler – Le degré zéro de la photographie. Photographies et photogrammes 1952 - 2004

du 2 septembre au 9 novembre 2006

  

Né en 1936 à Zurich, aujourd'hui établi à Zuzgen (AG), René Mächler jouit d'une renommée internationale en tant qu'un des chefs de file de la « photographie concrète ». Depuis des années, ses œuvres sont exposées en Suisse et à l'étranger et conservées dans des collections publiques et privées. Bien que la photographie concrète revienne de temps à autre sur le devant de la scène, notamment pour ses connivences avec l'art moderne, elle est rarement comprise comme une « école artistique » à part entière. On ne s'étonnera donc pas que l'œuvre photographique de René Mächler, développée au cours d'un processus créatif qui s'étend sur les 40 dernières années, ne soit guère connue du grand public.

Schwarzes Quadrat mit strahlendem Insert, 1991
© René Mächler /
Fotostiftung Schweiz

Horizont VI, 1997
© René Mächler /
Fotostiftung Schweiz

Weisses Quadrat IV, 1977/97
© René Mächler /
Fotostiftung Schweiz

Après des études à la Staatliche Höhere Fachschule für Photographie à Cologne (1958-60), René Mächler emprunte sa propre voie artistique et la suit avec détermination. Pendant longtemps, la photographie comme reflet de la réalité visible constitue le fondement de son activité créatrice. Mais par la suite, il se focalise toujours plus sur les aspects formels et sur l'utilisation des méthodes propres à la photographie. Il finit par renoncer entièrement à l'appareil photographique pour créer des œuvres à l'aide de moyens purement plastiques, en s'inspirant du constructivisme et du concept de « composition lumineuse » énoncé par László Moholy-Nagy dans les années 1920. Se détournant également de l'abstraction de la réalité, ses images sont, comme l'a formulé Gottfried Jäger, des « concrétisations des possibilités plastiques contenues dans la photographie ». Autrement dit, Mächler crée des images en se servant uniquement des éléments fondamentaux de la photographie, la lumière et la matière photosensible.

Si, dans sa démarche rigoureuse, il se sert en premier lieu des éléments intrinsèques de la photographie classique noir-blanc, explorant l'étendue infinie entre le noir et le blanc (« Die unendliche Weite zwischen Schwarz und Weiss », comme s'intitule une de ses travaux ), il utilise aussi systématiquement les technologies les plus modernes, comme la vidéo et l'image numérique. Avec son travail photographique réduit à l'essentiel, caractérisé par un esthétisme sans concession, René Mächler a créé une œuvre artistique d'une grande richesse, variée et dense : elle va de la sérialité des luminogrammes à la dissolution pratiquement complète de l'image dans des séries comme « la disparition d'un carré » (1998), en passant par des photogrammes constructivistes consacrés aux formes géométriques fondamentales et des « réflexions » qui thématisent la lumière elle-même.

L'œuvre de René Mächler se dresse isolée dans le paysage de la photographie suisse. Mais à l'heure du bruit des images numériques, toujours plus aléatoires , interchangeables et inoffensives, elle est plus actuelle que jamais : une position artistique originale et forte, une « tentative d'opposer au chaos du monde un ordre fait d'éléments simples et de relations tour à tour en équilibre et sous tension » (Willy Rotzler).

Stunde Null, 1968
© René Mächler /
Fotostiftung Schweiz

Konstruktion, 1990
© René Mächler /
Fotostiftung Schweiz

Aus der Serie "Paysages de femme", 1961
© René Mächler /
Fotostiftung Schweiz

Publication:
Martin Gasser / Fotostiftung Schweiz (Hg.), René Mächler - Am Nullpunkt der Fotografie. Photographies et photogrammes 1952-2004. Avec des textes de Martin Gasser, Hella Nocke-Schrepper, Gottfried Jäger, allemand/anglais, ca. 200 reproductions n/b et couleurs, relié, 224 pages, Niggli Verlag, Sulgen / Zürich 2006.